Cet été fut l’occasion de croiser un certain nombre de personnes, de tous âges marchant dans la rue, l’oeil rivé sur l’écran de leur smartphone. Rien de bien étonnant… et pourtant…ils étaient encore plus nombreux que d’habitude et semblaient comme hypnotisés par leur téléphone. La faute à Facebook ou aux SMS qui viennent envahir notre quotidien? Non, il s’agissait là du dernier jeu de Nintendo à savoir Pokemon Go.

Véritable phénomène de mode, l’application attirait 45 millions de joueurs deux semaines après le lancement du jeu. Certains annoncent déjà son déclin car les joueurs ne seraient plus que 30 millions. Mais Niantic (développeur du jeu) a déjà prévu des nouveautés comme la possibilité donnée aux joueurs de se défier entre eux et donc d’envoyer leurs créatures au combat l’une contre l’autre. Des combats de coq en réalité augmenté… Voilà qui promet de relancer le téléchargement de l’application gratuite qui propose des achats intégrés. Ces derniers ayant permis, selon les différentes estimations, d’amasser 200 millions de dollards en un mois.

Découverte du jeu 

Pour ceux qui ne sauraient pas à quoi consiste ou ressemble ce jeu, je vous propose de regarder cette bande annonce disponible sur le site du jeu.

 

 

Découvrir le principe du jeu Pokemon Go

Après avoir fait quelques efforts pour télécharger l’application et activé GPS, Wifi ou 4G, vous voilà parti pour capturer votre première bestiole. Vous aurez le choix entre Bulbizarre, Salamèche et Carapuce au départ. Pour capturer, le principe est simple. Lancez votre pokéball virtuelle sur le personnage projeté devant vous. Il faut doser son lancer selon la distance et la taille de la cible. Si vous avez fait correctement les choses, la bête est dans la pokéball ! Elle s’ajoute à votre Pokédex, votre inventaire de Pokémon déjà rencontrés, stocké sur votre smartphone. Il vous faudra ensuite vous balader un peu partout pour trouver de nouveaux Pokémon et les attraper à leur tour. Votre téléphone vous indique à quelle distance la créature se situe (un pas s’il est proche, deux pas s’il est un peu plus loin, trois pas si vous êtes prêt à marcher). Plus ils sont rares, plus les petits monstres sont difficiles à trouver et à capturer. Un conseil : avant de partir à la chasse, chargez votre mobile à bloc au préalable ou équipez-vous d’une batterie de rechange. À quoi bon faire le tour de la ville ? D’abord, pour faire des recharges de Pokéballs (l’engin qui nous permet d’attraper les Pokémon) et éviter les crises d’angoisse. Rien n’est plus frustrant que de trouver un Pikachu sans rien avoir pour l’attraper. Direction les Pokéstops donc, ces zones bleutées qui s’animent dès que vous les approchez de près et où se trouvent les sacro-saintes Pokéballs. Elles sont associées à des stations de métro, des monuments ou encore des statues bien visibles à l’écran. Il suffit de cliquer et de faire tourner le cercle qui s’affiche pour obtenir des Pokéballs, mais aussi des œufs qui pourront éclore en marchant deux, cinq ou dix kilomètres après les avoir placés dans l’incubateur disponible dans votre inventaire. Dur dur d’attraper Pikachu © Niantic En allant visiter de nouveaux quartiers, vous tomberez sur des Pokémon plus forts et plus rares que vous ne voyez jamais à côté de chez vous, sauf si vous habitez près d’une mine d’or (dans ce cas-là, donnez-nous l’adresse). Niantic s’est débrouillé pour faire apparaître des Pokémon-eau près des fleuves, insectes à la campagne, chauve-souris quand il fait sombre… Il faudra s’équiper de bonnes baskets pour découvrir de nouvelles zones et espèces. Certains peuvent apparaître en pleine nuit et provoquer des attroupements incroyables dignes de celui de Central Park ! Vous êtes prévenu. J’ai capturé mon Pikachu, et après ? Il y a la chasse et il y a le dressage. Vous avez capturé un Roucool (une espèce de Pokémon) ? Mais ne l’abandonnez pas dans votre Pokédex comme un vulgaire Kleenex ! Vous pouvez le rendre plus fort grâce à des bonbons accumulés en capturant d’autres Pokémon de la même race. Si vous le gavez suffisamment, il peut évoluer en un joli Roucoups de haut niveau, ou grandir encore pour atteindre la taille au-dessus. Il finira par devenir un magnifique Roucarnage (le dernier stade dans la transformation de cette espèce) capable de becqueter n’importe quel adversaire une fois posé dans une arène. Les arènes ? Des zones sous le contrôle d’un joueur de l’équipe rivale. Il faut y faire combattre ses Pokémon – suffisamment évolués et rechargés – pour chasser son adversaire. Une fois maître d’une arène, vous aurez droit à des bonus chaque jour pour recharger vos protégés et les rendre encore plus forts.

 

La chasse aux pokemons et nos établissements scolaires

Les développeurs du jeu ont pris pour base le système de cartographie de Google et ont paramétré le système pour que les lieux reconnus dignes d’intérêts sur google maps soient des lieux ou l’on pourrait trouver des pokemons ou des arênes. C’est ainsi qu’Auschwitz s’et retrouvé assaili par des chasseurs de Pokemon. Mais c’est aussi pour cela que ces “petites” bestioles se cachent dans les établissements scolaires. Notre ministre a donc profité de son allocution de rentrée pour indiquer qu’elle demanderait aux développeurs du jeu de retirer les pokemons rares de nos écoles. “C’est pour ça que j’ai demandé un rendez-vous à Niantic, l’éditeur du jeu, pour en effet demander qu’il n’y ait pas de Pokemon rare dans les établissements“. Car parmi les personnages à attraper dans le cadre de ce jeu qui a connu un succès fulgurant cet été, les Pokemons rares sont susceptibles d’attirer “beaucoup de gens, et au-delà des élèves” dans les établissements scolaires, a expliqué la ministre de l’Education nationale. Mais devons-nous uniquement nous préocuper des pokemons rares de peur qu’ils attirent des personnes extérieures à l’établissement scolaire ou notre ministre n’aurait-elle pas du tout simplement demander à cet industriel de retirer tout pokemon des écoles afin de permettre à nos jeunes de se retrouver dans nos conditions propices au travail?

Toutefois, sachez qu’il est possible de demander à retirer les pokemons de votre établissement en laissant un message sur le site du développeur.

Cliquez ici pour demander à retirer les pokemons de votre établissement.

Il me semble que cette option est intéressante, même s’il ne faut pas oublier que les joueurs peuvent, grâce à des leurres, faire venir des pokemons sur le lieu de leur choix. Un peu comme les pêcheurs se servent d’appâts pour faire venir les poissons… Alors que faire? Que nous reste-t-il? Certainement ce pour quoi nous sommes enseigants. L’éducation… à travers la parole.

Prendre le temps d’échanger avec les élèves pour revenir sur ce qui les amène à jouer à ce type de jeu, sur ce que cela produit sur les joueurs, sur notre manière d’être disponible aux autres, à ce qui nous entoure…

Ces questions sont essentielles et doivent nous rappeler que nous sommes des exemples pour les plus jeunes et que nous devons également réfléchir à notre manière de vivre avec nos téléphones portables. Les jeunes ont-ils la possiblité de voir des adultes disponibles, sans un téléphone greffé dans leur main,  connectés en permanence les yeux rivés sur leur écran? Les téléphones portables des enseignants sont-ils éteints et rangés durant les heures de cours ou les profs répondent-ils au téléphone durant la classe?… Autant de question qu’il est important de se poser. Rien ne sert de demander aux plus jeunes d’être raisonnables dans leurs usages quand nous en sommes nous mêmes incapables? La question du temps passé sur les écrans une problématique qui se pose à tous et derrière cette addiction se cache certainement la question suivante :

Sommes-nous capables de nous retrouver seul avec nous même? Le téléphone n’est-il pas devenu pour certaines une prothèse permettant de se donner une contenance?

 

Utiliser le jeu en classe 

Certains enseignants voient en l’utilisation de Pokemon Go,  l’occasion de motiver leurs élèves en partant de leurs préocuppations, de leur quotidien pour les amener à travailler des notions scolaires. Ne pourrait-on pas proposer aux élèves de chasser des pokemons à travers des étapes faites de problèmes de math, d’énigmes ou de règles de conjugaison. A ce sujet, je vous invite vivement à lire le très bon article de Sylvain Connac sur la “pédagogie des pokemons” paru sur le site des cahiers pédagogiques. SI beaucoup parlent du jeu à l’école, il est extremement important de bien se redire au préalable ce qu’est un jeu et ce qu’est apprendre. Cet article me paraît être un bon début pour lancer une réflexion tout en remettant bien les choses à leur place.

Accéder à l’article de Sylvain Connac