Alors que le taux d’engagement des jeunes Français est l’un des plus élevées d’Europe, la forme de leur engagement évolue, révèle une étude du Cnesco publiée ce 7 septembre. Ils privilégient désormais le bénévolat aux formes traditionnelles d’engagement citoyen telles que les partis politiques ou les syndicats.

La jeunesse française est-elle désenchantée et désillusionnée ? Dans une étude inédite publiée ce 7 septembre, le conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) s’est intéressé à cette question à travers l’engagement citoyen des lycéens. « L’évaluation des modalités de participation à la vie de la cité montre que les lycéens se détournent des modalités classiques d’intervention citoyenne, notamment l’engagement dans des partis politiques », souligne Nathalie Mons, qui dirige le Cnesco. Ils ne sont ainsi que 12% à s’engager dans des associations militantes politiques. Dans le détail, les lycéens garçons demeurent plus attachés à ces formes de militantismes que les jeunes filles : ils sont 16% à s’impliquer dans un mouvement politique contre seulement 9% des filles.

Des formes renouvelées de participation à la vie de la cité

Attention, cette distance des jeunes envers l’engagement politique ne traduit pas pour autant un désintérêt pour la vie civique. « Au-delà des formes classiques d’engagement citoyen, l’enquête révèle l’adhésion à des formes renouvelées de participation à la vie de la cité », indique Nathalie Mons. Les lycéens ne sont donc pas désinvestis mais entendent s’engager autrement. « C’est l’associatif qui tient le haut du pavé des engagements structurés, sur un fond en France de développement fort des associations et du bénévolat (+34% en 6 ans) », rappelle encore la présidente du Cnesco. Ainsi plus de 40% des lycéens déclarent une expérience d’engagement associatif dans l’humanitaire ou la défense de l’environnement, actuelle ou sur les années passées.

Lorsqu’ils seront adultes, les lycéens souhaitent également davantage s’orienter aujourd’hui vers des engagements revendicatifs ponctuels, non affiliés, comme la signature de pétitions (action à laquelle ils adhèrent à 71%), la participation à des manifestations (62%) ou le boycott de produits (58%).

Dans un message adressé à de jeunes étudiants rassemblés à Lille en février 2018, le pape avait déclaré : « Un jeune qui ne s’engage pas est un jeune à la retraite ! » À chacun donc de trouver un engagement à la mesure de ses convictions. « La participation est l’engagement volontaire et généreux de la personne dans les échanges sociaux », rappelle ainsi le Catéchisme de l’Église catholique. « Il est nécessaire que tous participent, chacun selon la place qu’il occupe et le rôle qu’il joue, à promouvoir le bien commun. Ce devoir est inhérent à la dignité de la personne humaine ».

Agnès Pinard Legry. aleteia.org