Voici une réflexion portée par Rémi Brissiaud sur l’apprentissage des nombres  qui me semble majeure et qui pourrait faire l’objet de concertations pédagogiques dans nos établissements.

« Les premiers apprentissages mathématiques prédisent la réussite ou les difficultés scolaires à venir. Le Café pédagogique publie en avant-première une série de 3 textes de Rémi Brissiaud (Paris 8) adaptés d’un livre à paraître début décembre aux éditions Retz. Il montre que la brutale dégradation des performances en calcul constatée en 1999 par la DEPP (et confirmée depuis) n’est pas une conséquence de la réforme des mathématiques modernes de 1970 parce qu’elle se produit bien plus tard, après les instructions officielles de 1986. En revanche, cette réforme nous a fait oublier ce qu’était notre culture pédagogique des premiers apprentissages numériques. Cela a facilité, en 1986, un basculement vers des pratiques pédagogiques qui appartiennent à une autre culture : celle des États-Unis, un pays dont la langue, l’anglais, est très différente et qui n’a pas d’école maternelle. Il montre que ce basculement est à l’origine de l’effondrement des performances en calcul et il alerte : ce que certains mettent en avant aujourd’hui « davantage de ludique, moins de symbolique » résoudrait peut-être le problème de la primarisation de l’école maternelle, qui est réel, mais cela empêcherait notre école de renouer avec la culture pédagogique qui était la sienne et cela pérenniserait l’échec scolaire. Pour Rémi Brissiaud, l’École de la République risque de passer à côté de la possibilité de refonder la pédagogie des nombres alors qu’elle dispose de tous les outils pour le faire… »

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