En classe de CP, lorsque nous proposons une séance de lecture pour découvrir un texte, nous proposons à nos élèves une tâche plus ou moins complexe. En effet, plus la part de mots directement déchiffrable est importante plus facile sera la tâche de l’élève.

La part déchiffrable des textes impacte les apprentissages des élèves en décodage et en orthographe. L’étude Lire et Écrire (Goigoux (dir.), 2016) a mis en évidence les effets significatifs de la part déchiffrable des textes sur les performances scolaires, notamment celles des élèves qui ont un faible niveau ou un niveau intermédiaire à l’entrée du cours préparatoire. Or, il est quasi impossible d’établir la part déchiffrable d’un texte dans le cadre de l’activité de classe ordinaire. C’est ainsi qu’est né Anagraph.

Les résultats de la recherche ont conduit à la conception d’une plateforme nommée Anagraph (Riou, 2017) qui identifie automatiquement les graphèmes étudiés, les mots entièrement mémorisés, et calcule la part de texte directement déchiffrable par les élèves. Ainsi, elle aide les enseignants à planifier l’étude des correspondances graphèmes-phonèmes et à choisir des supports adaptés à l’enseignement de la lecture.

Mais qu’est-ce que la part déchiffrable d’un texte ?

La part déchiffrable d’un texte correspond au pourcentage
de graphèmes explicitement étudiés en classe. Lorsque les enseignants étudient l’orthographe de mots entiers et qu’ils demandent à leurs élèves de la mémoriser, les mots entiers sont pris en compte dans la part déchiffrable.

Comment calculer la part déchiffrable ?

La plateforme Anagraph analyse les textes et calcule automatiquement la part déchiffrable. En outre, elle indique la valeur des graphèmes qui composent le texte et leur nombre.

Comment ça marche?

Les enseignants sélectionnent les graphèmes qu’ils ont explicitement étudiés et les mots entiers qu’ils ont demandé à leurs élèves de mémoriser (mots outils, mots fréquents). Ils déposent ensuite un texte sur la plateforme afin qu’il soit analysé.

La plateforme Anagraph leur fournit en retour la part déchiffrable exprimée en pourcentage et un texte en couleur dans lequel les graphèmes étudiés apparaissent en rouge, les mots étudiés en vert et les graphèmes non étudiés en noir.

Les enseignants ont alors la possibilité d’effectuer des tests en cochant ou en décochant des graphèmes parmi ceux qui sont contenus dans le texte afin d’en observer les conséquences sur la part déchiffrable. Ils ont également la possibilité de faire apparaitre les graphèmes muets non étudiés en gris en les sélectionnant après analyse s’ils souhaitent les mettre en évidence pour travailler des aspects morphosyntaxiques.

Le récapitulatif des correspondances graphophonémiques étudiées peut être exporté au format Word, ainsi que le texte en couleur qui peut alors servir de support de lecture aux élèves.

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