UNE ICÔNE NE SE REGARDE PAS, ELLE SE LIT. ELLE EST UN TÉMOIGNAGE DE FOI;
Cette croix de grande taille (environ 190 cm de hauteur, 120 cm de largeur et 12 cm d’épaisseur) elle est peinte dans le style  syriaque, elle était accrochée au dessus de l’autel de la chapelle San Damiano, à Assise. Elle se trouve aujourd’hui dans la basilique Sainte Claire, à Assise.
La tradition dit que, en 1205 (1206 ?), François d’Assise priait (voir la prière ci-dessous) devant cette image quand il entendit une voix venant du crucifix qui lui disait : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ! » (Legenda major, de saint Bonaventure).

Un « Christ de Gloire »
Cette icône représente un « Christ de Gloire » : la posture du crucifié n’évoque ni la souffrance ni résignation, mais on peut, en la contemplant y lire un mélange de victoire (corps), de Paix et de douceur (visage). Elle semble directement inspirée de l’évangile de Jean.
En le Christ, mort et souffrance paraissent englouties dans la glorification (Père, glorifie ton Fils Jn 17, 1-5 et suivants, qui fait lui même écho à Jn 12, 28) : la couronne d’épines est ici remplacée par une couronne de gloire  (He 2, 9). Le corps de Jésus apparaît lumineux, se détachant sur fond noir. Il est vêtu du pagne de lin bordé d’or, l’éphod sacerdotal, peut-être évocation du Christ, grand prêtre miséricordieux et fidèle, de l’épître aux Hébreux. Les yeux ouverts de Jésus, nous le désignent comme le « vivant ». Le médiateur regarde ici, entre ciel et terre, d’un regard grave et serein.
Entourée d’un cadre de coquillages, symbole, chez les Anciens, de la beauté et de l’éternité du ciel, la croix s’ouvre vers le bas. Par cette ouverture deux personnages sont visibles. On peut voir en eux des croyants, les pieds sur terre et la tête et le cœur, emmenés par le Christ, près du Père.
Les couleurs dominantes de cette icône sont le rouge et l’or, symboles de la divinité et de l’éternité. Elle nous invite à la contemplation du Christ qui, par sa mort sur la croix, nous sauve de la mort et du péché.
Certains détails évoquent le texte de la Passion dans l’évangile selon Jean :
Les personnages

Les personnages sous les bras du Christ (identifiables par leurs noms écrits sous leurs pieds), de gauche à droite : Marie, Jean, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques (cités en Jn 19,25-26) et un centurion. Ce dernier est probablement celui dont Jésus a guéri le fils (en Jn 4,53) qui crut, lui et toute sa maison. Cette maison est signifiée par le petit visage situé juste derrière l’épaule du centurion, derrière lequel on peut voir les fronts de trois personnes pour représenter toute la maisonnée.

Les petits personnages au pied des grands représentent un soldat romain, tenant une lance, celui qui, en Jn 19,34, de sa lance, lui perça le côté et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau, et de l’autre côté, un personnage qui n’est pas vêtu comme un Romain, qui représente un des Juifs qui a fait crucifier Jésus. L’un et l’autre regardent celui qu’ils ont transpercé (cf. Jn 19,37).
Ascension et bénédiction
Dans le médaillon supérieur  est représenté le Christ ressuscité qui monte au ciel (cf. Jn 20,17 : je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu). Il tient une croix, signe de sa victoire sur la mort – Cette croix est devenue en or, telle un sceptre royal.
La main du Père, située dans le demi-médaillon tout en haut de la croix, fait un geste de bénédiction. Cette bénédiction qui est don de l’Esprit (cf. Jn 16,7 : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.)
Prière
En contemplant cette croix, nous pouvons faire nôtre cette prière qui fut celle de saint François devant cette croix :
Dieu très haut et glorieux,
viens éclairer les ténèbres de mon cœur.
Donne-moi une foi droite,
une espérance solide
et une parfaite charité.
Donne-moi, mon Dieu
de sentir et de connaître le monde selon ton Amour
afin que je puisse accomplir ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer.